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Élie Guillou // Élie Guillou marche et chante de Paris à Brest

par MICHEL TROADEC

vendredi 29 juin 2012, par Jeremusic

Crédit photo // David Ademas

« Avec ce Paris-Brest, j’ai eu envie d’un truc un peu badin. Je marche, je joue, j’écris », explique Elie Guillou.

« Faire route à pied par un beau temps dans un beau pays sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable ; voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus de mon goût ! » Ce court extrait des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, Élie Guillou pourrait le faire sien depuis le début du mois. Il va étirer ce plaisir jusqu’à fin mai, en trente étapes.

« Je suis heureux », écrit-il sur son myspace. Chaque jour, il aligne ses 25 kilomètres, par les routes départementales. Quand ça lui chante, il s’arrête… et chante. « Chaque fois que je prends ma guitare, quelqu’un approche. » Son frère l’accompagne. Un cameraman prend des images pour que, chaque jour, une vidéo donne des nouvelles sur Internet.

En soirée, il improvise un concert, dans une école, une librairie, un bar, sur une terrasse, chez l’habitant, voire dans un centre commercial… Qu’importe. Il est aujourd’hui en Mayenne. Mardi, il entre en Bretagne. Son Paris-Brest est un prolongement de son Lavomatic tour. Dans la capitale, le mercredi, il donnait un concert dans ces salles d’attente où on lave son linge : « Comme on n’est pas payé dans les bars, autant chanter dans un endroit où il y a une écoute ! »

« Faire route à pied par un beau temps dans un beau pays sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable ; voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus de mon goût ! » Ce court extrait des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, Élie Guillou pourrait le faire sien depuis le début du mois. Il va étirer ce plaisir jusqu’à fin mai, en trente étapes.

« Je suis heureux », écrit-il sur son myspace. Chaque jour, il aligne ses 25 kilomètres, par les routes départementales. Quand ça lui chante, il s’arrête… et chante. « Chaque fois que je prends ma guitare, quelqu’un approche. » Son frère l’accompagne. Un cameraman prend des images pour que, chaque jour, une vidéo donne des nouvelles sur Internet.

En soirée, il improvise un concert, dans une école, une librairie, un bar, sur une terrasse, chez l’habitant, voire dans un centre commercial… Qu’importe. Il est aujourd’hui en Mayenne. Mardi, il entre en Bretagne. Son Paris-Brest est un prolongement de son Lavomatic tour. Dans la capitale, le mercredi, il donnait un concert dans ces salles d’attente où on lave son linge : « Comme on n’est pas payé dans les bars, autant chanter dans un endroit où il y a une écoute ! »

Un truc un peu badin

L’industrie du disque vacille. Place à la débrouille, à l’imagination. « Avec ce Paris-Brest, j’ai eu envie d’un truc un peu badin. Je marche, je joue, j’écris. Je suis parti vivre à Paris, il y a trois ans, pour apprendre mon métier. Symboliquement, je retourne où mon père a commencé le sien, à Brest. » Son père, c’est Gérard Delahaye, l’un des plus fins auteur-compositeur-interprète de Bretagne.

Élie Guillou, 24 ans, ne se destinait pas à être chanteur. Après une fac de sports, il devient entraîneur en tennis de table : « Ce que j’y ai appris m’a servi. Si on veut qu’un gamin se débrouille vite, on lui apprend deux-trois coups. Si on veut qu’il soit fort, il faut lui laisser le temps de se construire. »

Comme la chanson le démange, il bifurque, joue dans les bars, à Rennes, en solo. Son répertoire est un kaléidoscope : reprise d’Eminem à la guitare acoustique, chanson pour enfants, titre humoristique, vieux standard folk américain.

Il s’invente des personnages. « Quelqu’un m’a, un jour, appelé Vendredi. J’ai marketé le truc. Je me suis habillé en jaune et en bleu de travail. Pour me rendre compte que l’emballage fonctionnait mieux que les chansons. » Il crée alors le pendant noir de Vendredi, Edredon, chanteur pour les cons. Puis Falafel, chanteur pour les brelles…

A Paris, il galère. Mais il avance. De rencontre en rencontre. Séduit par le charisme d’Armand Gatti, poète et dramaturge, ancien résistant et toujours militant, il le suit dans un stage théâtral. « J’ai senti que j’avais plus d’espace que je croyais, que je pouvais, intellectuellement, habiter un château plus grand. »

Il renonce à ses fausses identités, redevient Elie Guillou : « J’ai retrouvé de la souplesse. Aujourd’hui, ma méthode, c’est d’écrire la chanson la plus rigoureuse possible, en vers, avec une mélodie bien fixée. Après, j’y glisse mon délire. » « Je sens que ça murit »

Cela donne

La frontière

Chanson tendre, à l’écriture limpide, à la jolie mélodie pop. ça peut basculer sur un titre plus âpre ( La rumba dans la cale ), ou hilarant comme Les mycoses aux pieds, écrite sur la route. Toujours d’une écriture soignée. « Je sens que ça murit. Mon urgence, c’est d’en vivre, je n’en suis pas loin. »

En références françaises, Elie Guillou cite Camille « pour la liberté », Loïc Lantoine, « pour l’humour et l’expérience sonore », la rappeuse Keny Arkana « pour la sincérité, la dimension humaine », Philippe Katerine, « pour le délire ciselé ». Et son père, « pour la simplicité et la rigueur ». Cela à la sauce plutôt folk.

Se voit-il devenir une sorte de M, une star quoi ? « Non. Mais l’avantage d’être connu, c’est d’aller plus vite à l’essentiel. Autrement, on rame et on perd beaucoup d’énergie. » Et de citer à nouveau Keny Arkana : « Elle chante à l’Olympia. Puis elle va animer un débat dans un squat. »

Sur la route, pendant les 650 kilomètres qu’il parcourra en majorité à pied, il aura le temps, lui le « cogitateur », de réfléchir à la prochaine étape de sa vie d’artiste. A Chartres, à côté d’un monument aux morts, il a interprété Une improvisation citoyenne, qui disait : « Je suis un éco-citoyen/Je prépare le monde de demain… »

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